samedi 21 novembre 2009

La Suisse aussi maintenant...


Presse
Mécontentement dans les universités suisses - swissinfo.com
par Sorbonnard, le 21 Novembre 2009 à 10:21

« Des centaines d'étudiants ont occupé mardi l'aula de l'université de Berne, empêchant plus de mille autres d'assister aux cours. Des actions similaires ont eu lieu ailleurs en Suisse, pour dénoncer la «commercialisation de l'éducation».


Cette manifestation s'est déroulée dans le cadre d'une action globale d'une semaine intitulée «L'éducation n'est pas à vendre» et qui a vu des étudiants s'en prendre au système éducatif dans plusieurs pays d'Europe. En Suisse, des étudiants ont manifesté dans plusieurs universités.

«Environ 1200 étudiants ont été affectés par cette action, déclare Christoph Pappa, secrétaire général de l'université de Berne. L'administration de l'université a pris bonne note de cette action, mais nous ne savons pas encore quelles sont les demandes concrètes des manifestants.»

Réforme de Bologne
Les principales doléances concernent la mise en œuvre de la réforme de Bologne, la commercialisation de l'éducation (c'est-à-dire le parrainage par l'industrie), les taxes universitaires et le fait que les programmes des universités ressemblent de plus en plus à ceux des écoles.

La réforme de Bologne provient de la Déclaration européenne de Bologne de 1999 qui a été signée par 46 pays, dont la Suisse. L'idée est d'harmoniser les qualifications à travers l'Europe de manière à ce que qu'étudiants et enseignants puissent se déplacer librement entre les universités. L'idée est également que les diplômes obtenus soient reconnus dans chaque pays.

Christoph Pappa rappelle que selon une étude réalisée l'année dernière, la plupart des étudiants estiment que la réforme de Bologne est positive. »


Modeste contribution d'Étourneau à la recherche nationale sur l'identité nationale (12)

Merci Le Post ! http://www.lepost.fr/

Faut-il imiter le Canada ? (1)


CE QUI NOUS ATTEND EN FRANCE ET EN EUROPE...

Université de Montréal Plus de pression, mais pas de grève

Mise à jour le vendredi 20 novembre 2009 à 15 h 54
« Les chargés de cours de l'Université de Montréal (UdM) demandent à leur syndicat d'augmenter la pression sur la partie patronale dans le cadre de leurs négociations. Réunis en assemblée générale jeudi soir, les syndiqués ont mandaté le comité exécutif de leur syndicat (SCCCUM-CSN) pour exercer des moyens de pression, excluant la grève. Selon eux, après les huit rencontres avec la partie patronale depuis l'été dernier, les négociations ne vont nulle part. “ Pire, l'employeur fait preuve de mépris envers les enseignants en remettant en question la pertinence des libérations syndicales et l'ancienneté liée à ces tâches ”, soutient le président du syndicat, Francis Lagacé. Les 2433 chargés de cours de l'établissement réclament notamment des limites à la taille des classes et une augmentation salariale annuelle de 4 %. Les syndiqués donnent la moitié des cours au premier cycle, en excluant le programme de médecine. Le syndicat fait valoir que le total des salaires des ”des chargés de cours ne représente que 5 % de la masse salariale de l'institution, tandis que les dirigeants de l'UdM ont voté des augmentations de salaire rétroactives pour 2007 et 2008 totalisant plus de 2,5 millions de dollars, “ ce qui équivaut à 50 % de ce que le syndicat revendique pour ce corps enseignant , affirme le syndicat. »


vendredi 20 novembre 2009

Modeste contribution d'Étourneau à la recherche nationale sur l'identité nationale (11)

Mobilisation étudiante en Europe




« Mobilisation des étudiants en Autriche, occupations en Allemagne, amorce d’une agitation en Italie, en Hongrie : Une mobilisation générale des étudiants d’Europe est en gestation
lundi 16 novembre 2009.
Un mouvement spontané
C’est un profond mouvement spontané qui a jailli le jeudi 22 octobre à Vienne, puis a touché toutes les universités autrichiennes avant de s’étendre en Allemagne. Personne ne semble avoir prévu cette mobilisation. Mais la situation était devenue insupportable. Le jeudi 22 octobre 2009, des étudiants se rassemblent puis quelques centaines décident d’occuper l’Audimax, (la plus grande salle de l’Université de Vienne). Cette occupation a fait tache d’huile, et en une semaine le mouvement s’est étendu à l’ensemble des universités autrichiennes. Partout ont lieu des manifestations, et des occupations.
Nombre d’enseignants et associations manifestent leur solidarité. Ce qui a provoqué cette mobilisation, c’est l’asphyxie financière de l’Université, les entraves multiples aux inscriptions et au libre choix des études. Mais quand on voit les plates formes revendicatives très nourries et précises, on mesure que c’est l’ensemble du système universitaire qui est en crise.
L’application du processus de Bologne Ce qui est visé par la mobilisation, c’est le nouveau système BA/MA et PhD (Master, doctorat), lié au processus de Bologne, lequel a pour objectif de transformer les universités en entreprises concurrentes.
Ce qui est revendiqué par les étudiants, c’est –en particulier – un véritable accès aux études, le libre choix de la matière facultative, un libre accès au Master, et des moyens pour étudier.
De fait, l’introduction du nouveau schéma a été utilisée pour restreindre l’accès à certaines filières.
Et les "blocs de modules" qui sont imposés depuis cette année rendent très difficile l’étude de deux matières en même temps. Les étudiants mettent en cause les examens qui servent à sélectionner : nous voulons « en finir avec des restrictions cachées de l’accès aux universités en forme d’examens „knock-out“ » exigent les étudiants.
Autre revendication : « La suppression de tous les frais universitaires » en même temps qu’un budget à la hauteur des besoins.
Pour les partis bourgeois, la gratuité et la qualité ne sont pas compatibles.
Ces partis bourgeois ont introduit durant l’année 2000 des frais d’inscription s’élevant à 365 euros par semestre. Cela a été supprimé par les sociaux-démocrates en 2008, mais comme ils gouvernent en alliance avec le parti démocrate chrétien, il n’y a pas eu pour autant un financement suffisant des universités par l’État ; d’où l’asphyxie. Et cette asphyxie est accrue par le fait que nombre d’étudiants allemands, frappés par la limitation des places, viennent étudier en Autriche.
Ce mouvement est d’autant plus important que, en Autriche, les grèves d’étudiants sont peu fréquentes et les occupations rares.
Les universités d’Heidelberg, Potsdam et Munster sont occupées
Après deux semaines de mobilisation en Autriche, c’est en Allemagne que la mobilisation s’engage.
Au départ, la grève dans l’enseignement était prévue pour le 17 novembre. Mais la mobilisation en Autriche a été décisive pour engager le mouvement
La vague d’occupations a commencé mardi soir 3 novembre à l’université de Heidelberg, suivie mercredi par les universités de Munster et Potsdam.
Le jeudi 5, les locaux de l’université technique de Darmstadt, de l’université de Marbourg, de l’académie des arts graphiques de Munich et de l’université de Tubingen ont été occupés.
Vendredi 6, et samedi 7, la police a évacué l’amphithéâtre principal de Munster et celui de Marbourg.
Là encore, le mouvement a été spontané.
Et là encore, il y a une accumulation de revendications concernant aussi bien la gestion des Universités que l’économie générale du système de formation ou l’insuffisance des financements.
Le mouvement se focalise d’ores et déjà sur la grève et les manifestations qui étaient convoquées pour le 17 novembre.
Hongrie : Manifestation le 7 novembre à Budapest
L’agitation touche aussi la Hongrie. Les syndicats d’enseignants et associations de parents ont organisé le 7 une manifestation à Budapest « contre la scandaleuse politique de formation et le financement de l’école et des jardins d’enfants. (…) Les classes sont surchargées, des milliers de nos collègues sont au chômage, nos salaires sont ridicules et nos conditions de travail sont tragiques. Cela ne peut pas continuer ! » explique un appel syndical.
Italie, étudiants et précaires contre la réforme Gelmini de l’université
Mercredi 3 novembre, à Rome, des étudiants et des précaires ont occupé momentanément le ministère de l’Instruction Publique et ils ont tenu une conférence de presse pour dénoncer le nouveau projet de réforme.
D’autres actions ont eu lieu à Venise et Padoue.
La réforme de Berlusconi, si elle passait, porterait un coup décisif à l’université publique. Elle prévoit :
- Un conseil d’administration à la place du « Sénat académique » pour gérer chaque université, avec 40% des membres qui doivent être issus des banques, des entreprises ou du monde politique. Un Directeur général deviendra le véritable manager de l’entreprise que sera devenue l’Université.
- La concurrence entre les universités : une agence nationale évaluera les facultés, instituts et laboratoires de recherche et accordera les fonds publics en fonction des classements.
- L’institution d’un « Fonds pour le mérite », à destination des étudiants passant un test payant élaboré par une société de gestion.
- La création d’un « prêt d’honneur » pour financer les études, prêt qu’il faudra bien sûr rembourser.
- Pour les chercheurs : on passera du « chercheur à vie » au « chercheur à contrat ».
Partout, c’est la même offensive contre le droit aux études universitaires
Au-delà des particularités nationales, on voit bien que c’est la même offensive qui est conduite en France comme dans toute l’Europe : le processus de Bologne donne un cadre général aux offensives menées dans chaque pays ; il permet d’harmoniser ces attaques conduites par chaque bourgeoisie contre le système universitaire de chaque pays. Dans tous les cas, il s’agit d’une volonté d’adapter les universités aux besoins actuels du capitalisme en crise : rendre les études payantes, en combinant frais d’inscription élevés et prêts que les étudiants devront rembourser, mettre les universités en concurrence, développer les diplômes locaux, sélectionner selon les besoins du patronat, mettre les universités, leur gestion, la définition des enseignements, la recherche, le recrutement des enseignants, sous le contrôle direct du patronat.
C’est cette politique là qu’il va falloir briser
Sans que l’on puise préjuger des développements futurs de cette mobilisation, il y a déjà deux éléments importants qui sont incontestables dans ce qui s’est engagé : le caractère spontané des mobilisations qui surprend et déborde les organisations « syndicales » d’étudiants soumises aux gouvernements, l’aspiration à remettre en cause les fondements même de cette société. A cela s’ajoute la recherche clairement exprimée par les étudiants d’une mobilisation des étudiants de toute l’Europe, par-dessus les frontières.
A l’heure où certains, à la tête de l’État français, semblent obsédés par leur « identité nationale », cette volonté des étudiants d’ignorer les frontière est un fait très positif. »

Serge Goudard, le 14 novembre 2009 Parti de Gauche en Midi-Pyrénées



La France est-elle une démocratie ? (15)


On est plutôt sur la mauvaise pente !


Des nouvelles d'Allemagne (2)...


Mouvements de protestation universitaires en Allemagne


« Après les protestations des étudiants du mois de juin 09, le mouvement reprend, emboîtant le pas aux occupations de plusieurs universités en Autriche : vendredi 13/11, il était question d’occupations dans 30-50 universités, tendance crescendo. Et ce sont souvent les amphis centraux qui sont occupées, comme à Berlin et Munich.

Développées de façon indépendante université par université, les revendications se ressemblent : améliorer la qualité de l’enseignement et des conditions d’étude ; davantage d’autonomie des étudiants pour organiser leurs études ; davantage de sous pour enseignement et formation ; démocratisation des études. Et au centre, une réforme des nouveaux cursus de bachelor (licence) et de master ! Le processus de Bologna, ce sont des cursus au pas de course, avec présence obligatoire presque généralisée, et davantage de difficultés pour passer un semestre à l’étranger.
Tiens, tiens ! C’est précisément la meilleure circulation des étudiants, au moins à l’échelle européenne, qui a servi d’appât pour faire entrer les universités dans ce fameux processus, du LMD jusqu’aux LRU locales !
Autre critique : la sélection à l’entrée des Masters. Le numerus clausus pour l’inscription en université est pratiqué en Allemagne déjà depuis longtemps. Désormais, il revient après l’obtention de la licence.
Les actions à mener sont également élaborées à l’échelle de chaque université, avec des coordinations trans-régionales.

Ces protestations estudiantines peuvent compter sur le soutien de plusieurs syndicats. Et la présidente de la CPU allemande dit qu’il est « important d’intervenir ». Sans doute, puisqu’avec les baisses d’impôts programmées par le nouveau gouvernement fédéral chrétien/libéral, le sous-financement des universités, qui dépendent des Länder, ne peut que s’aggraver. Et suite aux LRU versions allemandes, ce sont désormais les présidents d’université autonomes qui seront dans la ligne de mire des protestations.

La grande grève des universitaires et chercheurs du printemps / été 2009 en France n’était pas le premier mouvement contre le processus de Bologna et son noyau de gestionnite. Et on voit que c’est sur les mêmes thèmes que la lutte continue ailleurs, tantôt ici, tantôt là - Europe oblige ! Faudra de l’obstination, car les jeux ne sont pas encore faits.

[source : les derniers numéros de die tageszeitung] »


Ingolf Diener, 16 novembre 2009, université de Paris VIII

Transmis par SLU/Jean-Louis Fournel